28 juin 2006
Et lui ?
Mon tout dernier texte au sujet de celui que je surnomme Secret. Il est moins bizarre que certains que j'ai pu écrire mais encore un peu... disons que je ne pensais pas que moins de 2 semaines après je l'aurais totalement effacé de mon esprit. Aujourd'hui je lis ces textes avec un petit pincement au coeur mais sans plus aucun remord, sans rien pour me faire venir les larmes. Ils me rassurent au contraire : si j'ai pu m'en sortir alors que j'étais mal à un tel point, il n'y a pas de raison pour que maintenant je reste éternellement dans mes regrets Enfin, j'espère !
Septembre 2005 :
Et lui ?
Elle est là. Oui, il en est certain : c'est bien elle. Même avec le faible éclairage de la rue, même avec les quelques branches -indispensables s'il ne veut se faire repérer- qui lui cachent une partie de l'espace; même avec ses efforts pour oublier... Il ne peut pas se tromper, pas lui, pas à son sujet. Il n'y a aucun doute, sa pire hésitation est là, à quelques mètres. Et…
Et quoi ? Il ne peut rien faire. Si elle le voit, si elle découvre qu'il se trouve juste devant elle et qu'il l'observe de la sorte… Les problèmes, ils en ont déjà assez eu comme ça. Tout ce qu'ils n'ont jamais pu faire ensemble n'a mené qu'à la destruction et le malheur, alors, pas encore, pas cette fois. Et pour se persuader de ce qu'il dit, une ombre dans son esprit lui rappelle ce qui est en jeu : son honneur, sa place de meneur, et l'avenir entier du monde qu'il protège. Elle… avait bien failli mettre en pièces tout ceci avec ses maximes naïves.
Elle s'avance peu à peu à sa hauteur; elle remonte la rue en compagnie d'une jeune fille qu'il ne connaît, figure gracieuse et évanescente sous lune. Il ne peut pas dire qu'elle soit jolie -pas plus que sa compagne d'ailleurs- mais il émane quelque chose de ses regards, cette même sensation qui avait, il y a des mois de ça, failli lui faire abandonner ses raisons de vivre. IL y a d'ailleurs un lien profond qui rassemble ces deux promeneuses de minuit; il n'a pas besoin qu'on lui prouve, les flammes dans leurs yeux sont les mêmes.
Il revoit un instant ce jour d'avril où il les avait vues s'éteindre peu à peu. Il se remémore ses yeux froids de tristesse et de peur, ses espoirs qui s'évaporent; sa lutte pourtant, incessante, son combat pour lui qui la brisait, pour le ramener vers ce qu'elle appelait le salut. Elle consumait jusqu'à la plus petite cendre de sa vie pour cette quête, pour le sauver… Elle avait failli totalement s'éteindre dans son combat contre le Mal, il avait pris sa défense; cela n'avait fait que l'enchaîner un peu plus à sa fatalité.
Comment avouer à quelqu'un qui croit en vous que vous êtes perdu ? Que quoique lui ou vous fassiez, rien ne changera un destin tracé depuis la nuit des temps ? Comment dire ensuite qu'un sacrifice ne serait pas un sauvetage, mais un billet pour l'enfer à vos côtés ? Et, si vous trouvez la force de raconter tout cela et que l'espoir vous tient tête -parce que l'amour est têtu et les poèmes romantiques mauvais conseillers- malgré tout, oseriez-vous laisser la vie que vous venez de sauver se tuer elle-même ?
Il ne pouvait pas lui faire cela. Alors il s'est noyé dans la haine, il a accumulé toute la rancœur du monde sur ses épaules, il l'a traînée dans la boue. Il s'est mis à la détester plus que tout, à devenir insensible à toutes ses intentions; il a enlevé tout ce qu'elle avait mis de bon dans ses pensées et l'a jeté aux loups. Peu à peu le tableau qu'il avait d'elle est devenu plus sombre que la nuit qui brille ce soir, et il a appris à ne plus l'aimer.
Ainsi, il a pu s'éloigner d'elle sans l'emmener avec lui. Il revoit son regard perdu derrière une fenêtre, la dernière fois… A-t-elle guéri, il n'en sait rien. Il ne veut pas le savoir; une éternité à ses côtés aurait été plus atroce qu'une peine incomprise. Il n'a pas à regretter. Non. Il a fait ce qu'il devait faire puisqu'elle était restée inconsciente
Ca y est. Elle est là, à quelques centimètres, derrière les feuilles. Il la fixe intensément, presque inconscient de son insistance. Elle passe sans rien remarquer, rit avec sa compagne; elle a toujours cette insouciance innocente qui lui fait voir la vie comme un champs de coton, et sa voix baigne des milliers de fleurs blanches. En fait, elle a quelque chose de tendre et d'attachant; il la hait pour tellement pour tout cela… Ses yeux s'éclairent une seconde.
Au même instant, elle s'arrête, bousculant son amie au passage. Celle-là n'a pas le temps de l'interroger, elle lui fait un signe de silence de la main. Il frissonne, arrête la course de son cœur quelques battements. Plus personne ne bouge, même le vent s'absente. La lumière vacille… L'ombre du passé flotte dans l'air, leur réveille d'anciennes angoisses. Désespérément, elle scrute la nuit. Il ferme les yeux.
Quand il les rouvre, elle n'est plus au même endroit; les deux filles ont continué leur route, et s'éloignent en murmurant. Elle, essaie Elle, essaie d'expliquer son geste. Lui, sait qu'elle l'a senti, qu'elle a pu retrouver les sensations qu'elle lisait si bien en lui. A quelques instants près…
Il reste immobile jusqu'à ce qu'il n'entende plus sa voix. Puis il sort de sa cachette, respire les traces qu'elle a laissées sur sa route.
S'il n'était pas si fier, peut-être aurait-il pu lui dire…
Je suis désolé.
03 juin 2006
Dialogue
Je vous préviens tout de suite : celle-là est très bizarre, et sur le fond incompréhensible. La fin surtout... Elle n'a réellement de sens que pour moi. Désolée. Mais vous pouvez toujours chercher si ça vous tente :-P
Juin 2005 :
Dialogue
La salle est vide, entièrement vitrée, excepté le sol d'un blanc immaculé.
Il pourrait lever les yeux et contempler le ciel d'un bleu pur, baigné d'un soleil froid, mais il préfère pour l'instant plonger son regard dans l'immensité absolue de la mer qui l'entoure. Pendant des milliers de kilomètres, jusqu'à l'horizon, on ne voit que l'eau secouée par un vent léger, entraînée selon des lois plus anciennes que ce monde même. Il la regarde ainsi depuis des heures, sans bouger, jusqu'à ce que son esprit en épouse le doux mouvement et soit entraîné dans sa perfection rassurante, jusqu'à ce que ses yeux sombres en prennent la couleur légèrement grisée. Alors plus rien ne lui importe, et même la paix paraît infiniment accessible.
Puis soudain il relève la tête du carreau sur lequel il était reposé. Les rêves, les espoirs ne sont que des chimères pour lui. Rien n'est important si ce n'est la force et la volonté. Ce ne sont pas les croyants qui survivent, mais ceux qui n'ont pas vendu leur âme à une cause illusoire et vaine. C'est une chose qu'elle ne pourra peut-être pas comprendre.
Il se retourne; son instinct le trompe rarement. Elle est là, au centre de la pièce, apparue par un secret qu'ils ne peuvent partager. Son regard est dur et agacé, tout du moins il le paraît. Au fond elle a peur, elle sait qu'il a tout pouvoir ici et qu'elle ne pourra sortir que s'il le décide. C'était un risque à prendre, et cela fait bien longtemps qu'elle ne peut plus reculer; il l'avait prévenue pourtant. Et si elle avait fait le mauvais choix ? S'il elle n'était pas assez forte, et qu'elle finissait par sombrer comme la dernière fois ?
Ils se regardent pour l'instant avec une insistance qui les gênerait s'ils étaient encore dans la vie normale. Mais ici les règles sont différentes. Ils ne se sont pas vus depuis des mois, et le diable sait qu'ils ont énormément changés pendant cette période; pourtant ils se craignent encore tous les deux. Lui se demande un instant s'il a bien fait de lui ouvrir ses portes; cela lui a déjà attiré tant de problèmes… bien qu'aujourd'hui, il se rende compte que sans elle, jamais il n'aurait jamais aujourd'hui le pouvoir qu'il possède en ces jours. C'est un pari à prendre.
'Hisa… -c'est elle qui ose prendre la parole en premier. Je ne pensais pas te revoir un jour. Je croyais que tu ne voulais plus de mes nouvelles ? Tu avais été plutôt clair lors de notre dernier échange…
-Tu n'as donc toujours rien compris ? Peu importe ce que tu dis, ou ce que je fais… Tu n'as toujours pas trouvé ce qui devrait être ?
-Je croyais que c'était le but de cet entretien… Pourquoi tu as tant insisté pour me faire venir ici ?
-Ce n'est pas la bonne question.'
Elle ferme les yeux, soupire. Combien de fois lui a-t-il répété cette phrase ? Il veut toujours absolument qu'elle chasse le futile de son esprit, mais elle n'arrive toujours pas à faire la différence. Tout est encore trop nouveau pour elle.
Elle tourne les épaules et contemple l'océan; il l'apaise. Elle a toujours adoré la mer; c'est un espace calme, paisible, mais destructeur quand il le souhaite. On ne sait jamais s'il s'agit d'un ami ou d'un ennemi, et pourtant elle lui fait confiance. Comme à Hisa…
'Je ne m'étais jamais imaginé ton monde de cette manière…
-Ne t'y fie pas… Il y a dans l'horizon la terre, et elle n'est pas toujours aussi belle à regarder…
-N'empêche qu'un tel havre de paix, ici… Riza va me tuer si elle apprend que je suis venue ici, encore plus si elle sait que j'ai quelque admiration pour ce lieu…
-Elle n'aura peut-être pas à le faire. De toute façon, elle n'en aurait pas le courage.
-Peut-être, mais toi, en serait tu seulement capable ? J'ai vu Séphir qui m'attendait. C'est lui qui fait encore tout ton sale boulot ? En plus, ça tombe bien, il me hait… Je suis peut-être stupide, mais je sais qu'il ne rêve que d'une chose, c'est de faire de moi une de ses victimes. Alors je t'en prie, vas-y, révèle moi encore quelques-unes de tes atrocités et donne-moi à lui, je n'ai plus rien à perdre.
-Tu ne sais pas ce que tu dis… Tu ignores tout ce qui s'est passé ici depuis tes conneries…
-Mes… Mes conneries ? Je suis coupable de tes aveux maintenant ? C'est toi qui as commencé à me sous-entendre la Vérité je te ferais remarquer ! Tu me connais bien, pourquoi tu n'as pas su deviner ma réaction alors que tu me manipules comme ta marionnette ? Arrête de jouer les victimes, tu l'as autant cherché que moi, et nous sommes coupable tous les deux !
-Tu t'énerves toujours autant; je pensais que tu avais changé…
-C'est vrai. Je te déteste maintenant.
-Alors rien n'a changé : la haine est une des formes les plus fortes de l'amour… Tu vois, tu es toujours la même.
-Et toi ?'
Il hausse les épaules, et s'adosse à une des vitres. Il paraît embarrassé un moment, cherche une réponse dans les flots, qu'il semble trouver.
'Mon monde a changé depuis que je suis parti de ta vie. Ma révolte est sur le point de toucher à son terme. Jéna est cloîtrée dans sa forteresse, assiégée par mes hommes. Ses troupes sont faibles et extrêmement réduite. Taïsey, je suis le seul maître maintenant.'
Elle ouvre la bouche; mais pas besoin de lui demander, elle sait qu'il dit la vérité. Il la lui a toujours dite… Seulement, la nouvelle remet en cause beaucoup de scénarios qu'elle s'est imaginée; cela ne rend la situation que plus problématique…
'Pourquoi tu es venu m'annoncer cela ? Qu'est-ce que ça t'apporte ?
-Tu n'es pas comme les autres; tu es la première que je trouve à survivre à la Vérité. Tous ceux à qui j'ai pu l'annoncer se sont tués, ou ont mystérieusement disparus. Toi tu es toujours en vie après six mois. Et plus encore, tu as même développé une certaine capacité à vaincre les différents sortilèges et à affronter mes attaques… Tu es différente.
-Et toi tu es dingue…
-Mais tu sais que la seule folie, c'est de renier ce qu'on est… En l'occurrence, tu as les pieds en plein dedans.
-Qu'est-ce que tu racontes ?
-Tu es faite pour vivre parmi nous.
-Pardon ?!'
Est-ce qu'il se moque d'elle ? Elle a insulté, détesté ce monde plus que tout autre chose avant. Elle a supplié Hisa de s'en retirer, de l'oublier. Elle a failli payer de sa vie pour se défendre de ses occupants. Comment pouvait-il penser un instant qu'elle avait sa place ici ? Le comble est qu'il a plutôt l'air sûr de son affirmation.
'Tu sais que j'ai raison. Arrête de te mentir. Ce monde t'intrigue, te fais peur, parce que c'est toi que tu vois au-dedans. Il n'est que le reflet de tes envies, de tes plus profonds désirs… Tu n'as pas peur de moi, ni même de Séphir : tu as peur de toi.
-Tu racontes n'importe quoi…
-Tu es têtue de ne rien vouloir croire, ça devient lassant à la fin. Pourquoi te faut-il toujours des preuves ? N'as-tu jamais eu envie de me tuer de tes propres mains ? N'as-tu même pas osé menacer Séphir, ton pire cauchemar ? D'où ce courage te viens-tu à ton avis ? Mais ce n'est pas tout… Tu veux que je te raconte tes cauchemars, ceux que tu désires qu'ils deviennent réalité ? Que je…
-Arrête !'
Elle lève les yeux vers lui, irritée; il est arrêté à moins d'un mètre d'elle. Son regard d'azur est ferme, mais ne présente aucun signe de folie ou de violence. Il est convaincu de ce qu'il pense, peut-être même a-t-il raison ? Il la défie de prouver le contraire…
Tentant de l'apprivoiser, il tend la main, attrape la sienne. Dans un mouvement brusque de surprise qu'elle regrette aussitôt, elle le repousse. Mais il ne semble pas lui en vouloir d'être méfiante… Elle a l'impression de se retrouver six mois en arrière, mais les rôles sont inversés : c'est lui qui la cherche maintenant.
Elle se met à trembler de l'intérieur. Tout ce qu'il dit parait tellement vrai… Jamais elle ne s'est demandée pourquoi elle est tant intéressée par ce monde, pourquoi elle s'entête à vouloir garder autant de traces d'Hisa… Et voilà qu'il lui apporte soudain sa propre vérité.
'Comment… comment tu pourrais savoir tout ça ?
-N'oublie pas où tu te trouves… Tu as donc tout oublié des règles d'ici ?
-Je pensais… je pensais que c'était des foutaises. D'ailleurs, pourquoi je ne sais pas ce que toi tu penses ?
-Parce que tu n'es pas encore admise… Et même alors tu ne pourras sûrement pas me deviner; personne n'y est encore arrivé…
-Tu as donc vraiment trouvé la faille ?
-Il suffisait de regarder attentivement…
-Mais pourquoi… pourquoi tu me dis tout ça ? Qu'est-ce que j'ai encore à voir dans cette histoire ? '
Il la regarde fixement dans les yeux, un peu déçu et énervé qu'elle n'ait toujours pas compris. Il déteste se lancer dans des explications, lui expliquer clairement ce dont il s'agit. Mais il préfère se persuader que c'est nécessaire, plutôt que de chercher en lui-même pourquoi il la croit tant indispensable…
'C'est toi qui a tout déclenché en provoquant mon exil. J'ai besoin de toi maintenant. J'ai moi-même perdu des hommes dans les batailles, et des femmes aussi…
-Et alors ?
-Ca va sûrement te faire plaisir… Ta rivale n'a pas survécu.
-Ma rivale ? Azumi? Elle est…
-Non, on ne meurt pas ici. Ce quoi reste de ton âme est totalement anéanti; tout ce qui faisait ton existence est détruit. Il n'y a plus que du vide.
-Et tu veux…
-Que tu prennes sa place.
-Attends, qu'est-ce qui t'as fait changer d'avis sur mon compte ?
-Il me faut quelqu'un avec qui partager mon existence ici. C'est un lien sacré indispensable si je veux rester leur chef.
-Je pensais que tu n'avais pas le pouvoir de me faire rentrer ? Et pourquoi moi d'abord, je ne suis pas d'ici, ton histoire ne marchera pas !
-Personne n'est réellement d'ici; il a les dispositions naturelles qui l'attachent à ce monde, mais il peut le découvrir très tard Il te suffit d'en découvrir seule le chemin si tu le souhaites... Moi-même je n'ai pas toujours vécu ici.
-Je croyais…
-Je t'ai dis que j'avais fait pire que tuer pour me retrouver ici… C'est vrai. J'ai choisi de rester en vie, éternellement si je fais bien attention, et de sacrifier tout ce que j'avais pour apprendre ce nouveau monde. Je suis plus que chez moi ici, c'est ma seule raison de vivre, ma famille, mon empire… Je te l'offre aussi si tu le souhaites. Viens, accepte-toi, et tu verras que tout ce que tu n'as vécu jusqu'alors n'était que pure illusion. Un monde, une vie, un pouvoir s'ouvre à toi.
-Hisa, je ne peux pas te dire ça maintenant là tout de suite, il faut que je réfléchisse que…
-Ne t'inquiètes pas, nous avons l'éternité devant nous pour te laisser choisir et te découvrir; tu es protégée du temps ici. Et nous n'aurons pas besoin de tant de temps. Il ne te reste qu'à accepter tes propres choix. Seulement, je vais être honnête avec toi. Il se peut que tu découvres des choses qui te surprendront plus que tu ne peux l'imaginer. Comprends que je ne pourrais pas toujours te protéger. Il te faudra apprendre à vivre avec la conscience que tous les gens ici peuvent un jour te tuer selon leur bon plaisir, et que pourtant tu devras donner le reste de ta vie pour sauver ne serait-ce le plus faible d'entre eux. Ca, tu en as la force et la volonté. Sache aussi qu'une fois le rituel accompli… Le lien qui nous unira n'est pas quelque chose à prendre à la légère.
-Pourquoi moi ? Je croyais que j'étais dangereuse pour toi.
-Tu l'es toujours. Tu es même ma pire ennemie tant que tu es au-dehors, et c'est pour cela que ton aide et ton soutien me sont nécessaires. Tu as encore beaucoup à apprendre de moi, et de toi. Quand tu auras compris ce pour quoi je t'ai tout dévoilé, tu n'auras plus de doute.
-Mais comment ? Tu ne veux rien me dire.
-Parce que la réponse est au fond de toi, comme elle est au fond de moi. Il te suffit de faire attention.'
Elle se mord la lèvre, puis regarde l'étendue salée qui s'étire tout autour d'eux. Hisa a une flamme dans les yeux, une évidence qui lui fait penser qu'il contrôle la situation. Taïsey voudrait tellement comprendre... Puis soudain, en plongeant son esprit dans la mer, tout s'illumine. Elle peut enfin parcourir les moindres recoins de ses pensées, tous ces doutes et ces peurs deviennent brusquement très clairs. Les portes de la Vérité viennent de s'ouvrir, elle lit en elle… comme en lui.
Elle se tourne vers Hisa, surprise par ce qu'elle voit. Elle sait ce qu'il lui faut faire, ce qu'elle a toujours su. Et elle sait enfin pourquoi…
On n'entend plus que le clapotis des vagues sur la structure vitrée…
FIN
TC
28 mai 2006
Terre Interdite
Un texte sur la Corse... Il est pour ce certain 'Secret' sur lequel j'ai légèrement fait une fixaton pendant 6mois l'année dernière, avant que quelqu'un ne vienne me sauvre :-) J'ai eu une histoire très très particulière avec ce Secret alors faut pas faire attention si vous me prenez pour une folle, j'en suis consciente lol, mais je vais mieux maintenant, j'en ai totalement fini avec lui.
Juin 2005 :
Terre interdite
Certains jours je m'assoie face à la mer et, sans prêter attention à tous ces touristes indifférents, je regarde l'horizon et je pense à ce qu'il renferme. En me concentrant j'arrive à voir des rivages sauvages, des oliviers et des cigales cachées sous leurs feuilles, des forêts… Celles-ci renferment des secrets, des histoires mystérieuses et surtout des dangers silencieux.
Il me semble connaître cette terre. On me l'a tant de fois racontée, rêvée, inventée que mon esprit avait fini par accompagner mon conteur dans ses souvenirs et ses désirs. Il y avait des notes d'un amour si fort dans sa voix, une nostalgie si prenante qu'on ne pouvait qu'être hypnotisé en l'entendant. Et je l'ai écouté tant de fois…
Il me semble connaître cette terre, et pourtant elle m'est étrangère. Je ne la vois que dans mes chimères, jamais je n'y aie posé les pieds ni ne l'aie aperçue. Je m'y promène parfois, lorsque me revient l'écho de sa voix et la profondeur de ses regards, je respire les parfums qu'il répand avec magie et j'observe les récits de ses batailles et de ses joies. Mais je ne suis qu'une spectatrice invisible, protégée de ses conflits parce qu'il m'accorde cette faveur. Et si jamais je brisais ne serait-ce que d'un souffle ce précieux état… Je ne préfère pas essayer…
Il se pourrait qu'une fois je prenne un bateau -lorsque mon courage aura repris ses forces et que mon âme sera en paix avec mes choix- et que je navigue jusqu'à cette côte que je me suis tant de fois représentée. Je poserai les pieds sur ses rochers, et respirerai un instant le goût de sa réalité, fière d'enfin pouvoir la rencontrer, mais anxieuse à l'idée d'avoir franchi l'interdit. Je prendrais quelques jours pour m'imprégner de son atmosphère étrange et pourtant familière, je rêverai à la lisière de ces bois, me l'imaginant quelque part en train de m'observer. Je sais qu'il me sentira dès que mon pied touchera le sol, comme un prédateur renifle la proie et la guette, l'apprend avant d'attaquer, attendant qu'elle vienne tranquillement se prendre à son piège. Je ferais comme s'il n'était pas derrière chacune de mes paroles, chacun de mes gestes -comme je sais si bien le faire depuis quelques temps…
Un beau matin, alors que l'aube inondera de rose le ciel légèrement voilé, je prendrais cette arme qu'il m'a donnée à son départ et je partirai à sa recherche. Je découvrirais son domaine, trouverai son repère grâce à ses indications inconscientes. Il sera là, entouré de ses hommes de main. Je reverrai son regard si prenant, froid mais rempli de sentiments tellement violents... Je regarderai son meilleur ami, nullement impressionnée par ses menaces et sa haine, puis je reviendrai à lui. Je le défierai d'un regard, qu'il puisse sentir mon mépris et mon indifférence. Puis je ferais mine de partir sans une explication, me retournant vers les profondeurs du bois et…
La suite c'est à lui de l'écrire.
TC
