~Des mots au fil de la plume~

mes textes

03 août 2007

Concept, partie 5

‘Tu n’es vraiment pas un concept Mulder.’ murmura Scully.

Elle s’était arrêtée à quelques millimètres de son partenaire, souriante. Elle les avait bien eus ! Quoique ces shippers puissent faire, quoique que Mulder puisse dire, elle refuserait de l’embrasser.

Elle se redressa et fit un pas en arrière afin de contempler la tête de Mulder. Mais ce qu’elle vit n’avait rien à voir avec ce qu’elle attendait.

‘Mais, qu’est-ce que c’est ?’

Ils n’étaient plus dans la boutique. Il n’y avait plus de shippers. Au lieu de cela, ils se trouvaient dans ce qui devait être un hangar, entourés d’inconnus au moins aussi nombreux que les fous qu’ils venaient de quitter. Eux aussi portaient d’étranges t-shirts, noirs ceux-là, sur lesquels était inscrit ‘noromos’. Au centre de ceux-ci, un logo vantait les mérites des abeilles.Tout cela ne la rassurait pas le moindre du monde.

Un homme parmi eux prit la parole.

‘Nous vous avons téléportés. Il était temps ! Ces shippers de malheur étaient sur le point de gagner, il était hors de question de les laisser faire !

-C’est quoi encore que cette histoire ? Et qui êtes-vous d’abord ?

-Des noromos. Les ennemis des shippers. Leur exact opposé en réalité et…

-Scully, c’est magnifique, j’avais raison ! s’exclama Mulder.

-Qu’est-ce qui est magnifique, je peux te le demander ? Nous avons rencontrés une bande de dingues, ils nous ont kidnappés, puis téléportés, et maintenant nous sommes au prise de gens qui ne semblent pas avoir plus de raison, alors, franchement, où peux-tu bien trouver quelque chose de magnifique dans tout cela ?

-Nous avons été téléportés !

-Je viens de le dire ! En quoi est-ce rassurant ?

-Mais tu ne comprends pas ! Cela veut dire qu’il y a bien des extra-terrestres dans cette ville !

-Cela ne prouve rien. Si ça tombe nous sommes simplement victimes d’hallucinations. Cela expliquerait toutes ses folies !

-Des hallucinations causées par quoi ? Il n’y a pas l’ombre d’un champignon ou d’une usine susceptible de rejeter des gaz hallucinogènes dans cette région !

-Nous avons peut-être été drogués.

-Par quoi ?

-La glace par exemple !

-La glace ? Tu es ridicule ! Les shippers, les t-shirts et tout le reste étaient là bien avant que l’on ne touche à la moindre cuillère de glace !

-Alors, je ne sais pas, dans l’avion… Peut-être même que j’hallucine depuis que tu es venu frapper chez moi hier matin. Ca doit être ça... Jamais je n’aurais été assez bête pour te suivre ainsi en pleine nuit.

-Pourquoi tu ne veux jamais prendre en compte mon opinion ?

-Parce qu’elle est ridicule !

-Tu passes ton temps à me contredire !

-Tu veux toujours avoir raison !

-Tu n’es qu’une maniaque excentrique, orgueilleuse et obsessionnelle !

-Tu t’es regardé ! Dans le genre psychopathe paranoïaque égocentrique et fanatique, je n’ai jamais vu pire !

-Je ne te permets pas de me juger ainsi !

-Tu rigoles, je vais me gêner ! J’en ai plus qu’assez de supporter tes enquêtes stupides !

-Et moi, j’en ai marre de te voir dans mes pattes en train de démolir mon travail !

-Moi, je détruis ton travail ?

-Oui !

-Tu as détruit ma carrière !

-Laisse-moi rire ! Tu avais dû faire une sacrée bourde pour te retrouver avec moi ! Ta carrière, tu l’as détruite toute seule ma vieille, et bien avant moi !

-Ah oui ?

-Tu serais incapable de faire autre chose. Jamais on ne voudra te reprendre au FBI en dehors de mon service !

-Et bien, puisque c’est comme ça, je me casse ! Tu verras bien quand je serais devenue directeur dans quelques années, je te pourrirai tellement la vie que tu en regretteras Kersh !

-Si tu arrives à te faire embaucher ailleurs que pour récurer les chiottes ! En attendant, vas-y, ça me fera des vacances !’

Scully était folle de rage. Jamais il n’avait osé lui parler ainsi ! Cette fois, il dépassait vraiment les bornes. Et elle ne se laisserait pas marcher sur les pieds. Comment avait-elle pu travailler aussi longtemps avec lui ? Comment avait-elle pu être son amie ? Comment avait-elle… et dire qu’il y a quelques secondes, elle l’aurait presque embrassé ! Il fallait vraiment qu’elle soit folle pour s’être imaginée ne serait-ce qu’un instant que cela aurait pu être possible.

Mulder fulminait tout autant. Il se rendait compte à quel point elle le méprisait en réalité, comment elle s’était moquée de lui pendant tout ce temps. Et dire qu’il lui avait fait confiance. ‘Sa meilleure amie’, tu parles ! Comment son amie aurait pu lui dire des choses pareilles ? Comment son amie aurait pu l’abandonner ainsi, pour de telles bêtises ?

Devant leur colère, les noromos qui les entouraient trépignaient de joie. Celui qui devait être leur chef interrompit même leur si belle dispute d’un rire sadique et caverneux.

‘Mouah ah ah ah ah !!! C’est nous qui allons gagner. Jamais vous ne vous embrasserez, on ne veut pas, et on fera tout ce qui est en notre pouvoir pour l’en empêcher ! Regardez-vous, nous n’avons rien eu à faire, notre présence seule suffit à détruire tous les espoirs des shippers. Ah ah ah, ça non, jamais vous ne vous embrasserez !

-Ca tombe bien, je n’en avais aucune envie ! répondit Scully.

-Scully…’

Après les paroles du noromos, Mulder avait tout compris. Ces gens essayaient de les séparer. C’est eux qui semaient la zizanie entre lui et Scully ! Il ne fallait pas les laisser faire. Les shippers n’avaient peut-être pas totalement raison, mais ils n’avaient pas entièrement tort non plus. Scully n’était pas qu’une simple partenaire. Elle ne l’avait jamais été. Et il était hors de question de laisser une bande d’extra-terrestres dingues les séparer !

‘Scully, s’il te plaît…

-Toi, tu ne m’adresses plus la parole !

-Pourquoi est-ce que tu t’obstines ? Après tout, qu’est-ce que c’est, un baiser, ça n’engage à rien !

-Ne parle plus jamais de la possibilité de m’embrasser ! Et n’essaie même pas de faire un pas vers moi.

-Pourquoi pas ? Après tout, ce ne serait pas la première fois…

-Tu délires ?

-Bien sûr que non !

-Jamais de ma vie je ne t’ai embrassé ! Même pas en rêve !

-Mais si, rappelle-toi… Par exemple, euh… quand on a appris que tu avais un cancer !

-La scène a été coupée au montage.

-Et alors, elle a quand même eu lieu !

-Non, c’est de la triche, on a recommencé la scène et tu t’es contenté de m’embrasser sur le front, tout a été effacé, tu n’as pas le droit de t’en servir !

-Bien, euh… et le jour où tu as voulu démissionner ! Juste après la fermeture des affaires non-classées, dans le couloir de mon appartement !

-C’est pareil ! Cet argument est irrecevable, dans la version finale je me fais piquer par une abeille avant qu’il ne se passe quoique ce soit.

-Et les divers types qui avaient pris mon apparence !

-Non seulement aucun d’eux ne m’a jamais embrassée, mais en plus ils n’étaient pas toi, donc même si cela était arrivé, cela ne compterait pas !

-C’est pas possible, tu es têtue comme une mule !

-Et tes preuves sont totalement bidon.

-Oh, je sais, je sais quand je t’ai embrassée !

-Vraiment ? (sentez-vous tout le scepticisme dans la voix de Scully ?)

-En 1940.

-1940 ? J’ai l’air d’avoir  quatre-vingt piges ?

-Non, non, c’était ton double. La toi de 1940 !

-Alors ce n’était pas moi.

-Non… non, si ! Si bien sûr, mais…

-Tu es ridicule, cette fille était peut-être ma grand-mère, ou un clone, un double, j’en sais rien, mais ce n’était pas moi. Jamais tu entends, jamais tu ne m’as embrassée ! JA-MAIS !’

Il y eut un long silence, pendant lequel les noromos jubilèrent, alors que Mulder, à court d’arguments, se creusait la tête à la recherche d’un moment contre lequel elle ne pourrait rien, une preuve irréfutable. Il devait bien y en avoir une quelque part, qu’il avait oubliée…

Soudain il se frappa la tête. Mais oui, bien sûr ! Comment avait-il pu ne pas y penser ?

‘Je sais, je sais, j’ai trouvé !

-Quoi ?

-Nouvel an.

-Nouvel an ?

-Oui. Le réveillon du nouvel an. Pour l’année 2000. Après que nous ayons sauvé le monde d’une invasion de morts-vivants.

-Ce réveillon ! Ce baiser ?

-Oui, celui-là.

-Mais, enfin… c’était la fête… il était tard… tout le monde le faisait…

-Ce n’était pas seulement cela.

-…

-Scully, tu le sais aussi bien que moi. Ce n’était pas un hasard. Ce n’était pas seulement pour faire comme tout le monde. Il y avait une autre raison.

-Mulder, je…

-Ah, non ! Non, non, et non ! C’est pas juste ! s’écria le chef noromos. Ce n’était pas prévu comme ça. Vous ne deviez pas réussir ! Vous ne deviez pas tomber d’accord ! Vous devez vous haïr, vous détester, peu importe le mot, il est hors de question de vous réconcilier !’

Il ne put pas continuer plus loin la liste des interdits qu’ils étaient censés suivre. Un bruit éclatant déchira l’atmosphère.

Au bout du hangar, la porte avait, semblait-il, littéralement explosé. Et, à travers la fumée, un flot de t-shirts roses pénétra par la brèche.

***

Posté par Tc33 à 11:14 - Xfiles fanfictions - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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