24 septembre 2006
Découverte
C'est un texte je dirais... très spécial. Pas joyeux du tout, ça c'est au moins sûr. Je l'ai commencé au mois de mai et les idées que j'avais alors étaient des plus noires. Heureusement d'ailleurs que je ne l'ai pas fini à cette époque, parce que je crois que ça aurait été encore pire.
Je ne vous dirais pas qui est la personne à qui je pense là-dedans parce que... les pensées que j'ai pu avoir ont été une erreur. Une grosse erreur. Je sais aujourd'hui que je n'aurais jamais dû... Mais je me suis laissée emporter, je n'ai pas d'excuses, même dans les moments les plus bas on devrait être capable de se raisonner... Enfin, j'espère que si jamais cette personne se reconnaissait (parce que, je donne un indice de son identité mais caché, il faudrait qu'elle ait retenu qu'une chose que je n'ai subtilement évoquée qu'une fois, et il y a très très longtemps) elle me pardonnera, et qu'elle me croira quand je dis que je regrette et que je ne souhaite pas du tout ce que je décris ici...
Mai/Septembre 2006 :
Découverte Tc
Il fait noir. Pas un réverbère, pas un rayon de lune. Sortir dehors et respirer ce voile de sombre pesanteur. Etouffer dans la masse vide de la nuit.
Des images. Noires. Rouges. Flou
La porte est accueillante. De la couleur, des ornements dessinent un bois fin es sculpté avec attention. On y voit un énorme bienvenu –home, sweet home !- des tasses de thé fumantes, un canapé moelleux qui n’attend que vous pour se réaliser pleinement. Cela sent la bonne cuisine, les longues discussions au coin du feu des soirs entiers, les rires qui se perdent dans une bibliothèque que vous partagez ensemble. Des images. Que des images.
Une réalité.
J’ouvre la porte. Elle tombe, se désagrège. Un tas de cendres dans le hall. Les illusions qui se découvrent traînent dans tous les coins. Il fait froid. La mélancolie s’accroche aux rideaux. Cela pue le rêve froissé. La nausée a envahi tout l’appartement. On marche dans la boue des souvenirs faussés La peur est partout. Il fait mal. Pas de vent, pas d’eau. Mort ?
La sonnerie n’a pas eu de réponse. L’antre s’est ouvert sans aucune difficulté. Une voix qui résonnerait seule dans le souffle vide de l’enfer. Etre perdu dans une pièce sans âme. Un appartement plein de cauchemars. Déglutir Vous imaginez l’appeler de nouveau, sans réponse ; sans question : l’angoisse est maîtresse. Solitude.
Les volets sont fermés. Une seule lumière étrange émane d’on ne sait où. Des feuilles, partout. Joncher les murs. Elles brillent. Un feu d’artifice de couleur rouge. Sang. Il recouvre des mots de haine, de dégoût, d’absence. Lettres d’anciens amis, ennemis d’aujourd’hui. Toutes sombres, toutes éclairées. Seules témoins.
Surprise. Peur, encore. Envie de crier. Tétanie. Un autre être immobile par terre, stylo à la main. Ecrire enfin la fin d’une histoire sans commencement. Seule compte la conclusion, Ultime Vérité. Se mettre d’accord sur le but. Mettre fin à sa vie.
Vous ne la connaissez plus. Un nom peut-être vous revient. Isa. C’est beau. C’est vrai. Ca vit. Mais tout s’arrête et les syllabes passées sont parties avec son souffle. Isa n’est plus. Elle est autre, nouvelle identité : histoire répandue dans des traces rouges. Océan de dégoût. Suprême allégorie de sa mort.
Un reste de visage. Quelques dernières larmes. Tristesse ou joie ? Aucune. Seule résolution : c’était la seule chose à faire. Enfin tout résoudre. Respirer et partir. Etre maître d’un peu de son histoire. N’était-elle vraiment plus rien ?
Je m’éloigne. Les flashs de la police, le bruit des agents, le soupir de la concierge exaspérée.
Il fait jour. Tant de rayons de soleil…. Quitter l’intérieur et respirer cette fraîcheur de tendre liberté. Vivre dans l’espace ouvert du matin.
Essayer d’oublier. Soulagement.
Vous pensez aux prochains jours. Une tombe repoussante. De la couleur, des fleurs décorent un pesant cercueil de bois fermé. Pour toujours.
On pleurera. Un peu. Peut-être. Qui regrettera ?
Derniers mots, jet de terre. Au fond, une délivrance : elle n’existe plus.
01 septembre 2006
Coup de gueule
J'ai passé quelque peu mes nerfs il y a quelques jours en écrivant ce petit 'texte' lol. Je sais que je délire totalement, que je n'ai pas de raison de m'inquiéter mais voilà, c'était une mauvaise journée et fallait que je me défoule lol.
Euh... la personne dont je parle dans ce texte se reconnaît... Je m'excuse (hum euh... y'a quelques insultes et... je suis confuse, je ne pense pas vraiment tout ça, tu le sais !) et t'inquiète pas; j'ai des choses à te dire (rien de dramatique, attention prise de tête inutile lol) mais j'attends juste de te croiser un peu plus de 2secondes express sur msn... Désolée si tu l'apprends par ici mais j'ai vraiment pas eu l'occasion de t'en parler avant.
Voilà, désolée encore pour ce texte, c'est un peu du n'importe quoi en fait mais ça m'a calmé, et c'est le principal.
Août 2006 :
Que faites-vous quand vous êtes énervée ?
Pourquoi êtes-vous énervée d’abord ? Pour un rien. Presque. Enfin vous espérez. Ouais apparemment. Mais bon quand on vous a ignoré avec flagrance, qu’on ne s’excuse même pas, et qu’ensuite on vous sort une excuse à laquelle vous avez du mal à croire… Mais il faut y croire. Parce que si vous n’y croyez pas, vous brisez la seule chose qui vous retient encore, qui vous empêche de craquer et de tout foutre en l’air : la confiance. Ce qu’il en reste.
C’est dur quand même non ? Après tout ce temps, vous vous demandez bien pourquoi soudainement ça craquerait… En fait non, vous savez pertinemment pourquoi tout s’arrêterait maintenant. Vous imaginez déjà l’énorme enguelade, où vous accuseriez, où vous vous excuseriez beaucoup ; vous accuseriez en fait l’autre de ne pas croire à vos excuses, de ne plus vous comprendre, d’être insensible à votre douleur passée, de n’avoir pas vous avoir laissé le temps… Vous êtes coupable et vous le savez. La première coupable. Pourtant il n’est pas totalement innocent.
Une chose à votre avis permettrait de résoudre, peut-être, tout cela. Ou tout du moins, d’arrêter cette hypocrisie latente. Ou alors de vous rendre compte que vous vous trompez depuis le début, et alors là, avec vos accusations, vous serez exactement tombée dans ce que vous craignez le plus. Cruel dilemme.
Malgré le risque, vous vous dîtes qu’il faut vraiment lui parler. Qui ne risque rien n’a rien n’est-ce pas ? Le risque est gros dans l’histoire, mais le rien aussi alors… Vous tentez tant bien que mal de trouver un moment pour en discuter. Tout irait pour le mieux (ou pour le pire…) si les événements se mettaient de votre côté… mais autant rêver de trouver une glace dans le Sahara. Vous passez votre temps à le louper, lui ne s’en rend pas compte… Le rêve quoi !
Aujourd’hui… Ah, aujourd’hui !!! Enfin ! Là, il est là ! Vous courrez : il est temps de tout dire, le grand saut vous attend, attachez vos ceintures de sécurité nous y allons. 1, 2, 3 : Sautez ! Youh ouh, vous montez sur la marche de départ, vous soufflez, prenez votre envol…..
BOUM !!!!!!!!!
Un mur devant vous.
Qui a mis un mur devant la piste de saut ?
En un instant il vous voit -forcément qu’il vous voit, vous n’êtes plutôt pas discrète à rentrer dans un mur la tête baissée- il détourne les yeux et s’en va en courant.
LE SALAUD !!!!!!!!!!! LE ….
********************
< Mmes et Mrs désolée pour cette interruption, le Conseil National de la Censure ou je ne sais quoi d’autre a décidé de couper cette scène afin de ne pas heurter la sensibilité de nos jeunes lecteurs. Veuillez nous excusez pour ce désagrément>
********************
…DE !!!!!!
Humpf ! Vous respirez, du calme, non votre mère n’est pas en plus en tain de vous embêtez avec une stupide histoire d’œufs durs (que vous avez réussi à rater, ceci est à noter, vous ne savez même pas faire un œuf dur correctement : ratée sur toute la ligne, c’est pas votre jour. En plus vous avez un mal de ventre pas possible, une humeur massacrante ; le pauvre il n’y peut rien, et pourtant en même temps il l’a cherché), tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Méthode Coué On.
Reprenons votre histoire. Le temps que vous vous calmiez, il revient. Ca c’est du culot. Vous vous approchez… Il ne fuit plus. Vous osez un timide bonjour… Il vous répond… Ouais génial, ça a l’air de marcher !!! Jusqu’au ‘Désolé, j’ai de la famille là, il faut que j’y aille’.
*Jingle désappointé*
‘Le prends pas mal surtout’… *entre les dents, se retient pour ne pas frapper* ‘Non non bien sûr enfin pourquoi je… euh… le… prendrais…. mal ?’. ‘T’as des raisons S****d ?’ pensez-vous tout bas.
Pas le temps de lui dire au revoir, il n’est déjà plus là…
Et vous vous restez assise sur le cul, la bouche ouverte, rouge de rage, prête à le tuer s’il repasse par là. Heureusement pour lui il est parti et bien parti. Enfin vous êtes quand même toute seule là maintenant, vous n’avez pas résolu votre problème, pire même peut-être maintenant vous perdez un peu de confiance (ben dis donc, c’est tout ce qu’il reste ?)… tout du moins vous êtes énervée. Alors vous racontez tout ça à votre stupide ordinateur qui s’en fout mais alors… plus tu meurs !
Ca tombe bien, il était question de sauter non ? Ce sera pour une prochaine fois.
Au moins ça vous a appris un truc. Au prochain essai, liste des choses à emporter : un démolisseur de mur, un tueur de famille, et une corde pour attacher les gars qui fuient en vous voyant arriver. Peut-être qu’une cape d’invisibilité serait aussi la bienvenue… Hum, c’est à creuser.
Tout ça n’a pas amélioré votre journée, vous avez toujours ces œufs à durcir, une mayonnaise à faire sans œuf (ils sont tous ou durs, ou pas durs mais enfin inutilisables, ratés quoi), vous avez mal aux doigts, à la tête, toujours au ventre, et envie de gueuler, mais alors de gueuler !!! Et en plus vous vous rendez compte que vous n’avez même pas répondu à votre question.
Que faites-vous quand vous êtes énervée ?
Vous racontez des bêtises. Vous vous énervez encore plus. Vous êtes ridicule. Et en plus vous buvez, buvez encore pour essayer de vous donner une contenance… Et ben, bonne chance pour la suite (surtout que vous en manquez apparemment alors, ça peut toujours servir) !
Oh, et la prochaine fois… essayez de vous arrêter avant d’être énervée. Ca vaudra mieux.
TC
PS : je précise juste que je ne bois que de l'eau lol.
22 août 2006
Dernières minutes
Un texte que j'ai écris dans le train en revenant de Lille... Un texte pour ma petite chou à moi, ma Plume que j'adore. Pour lui dire que je suis désolée et qu'elle me manque.
Août 2006 :
12 heures 30. Perçant imperceptiblement entre les nuages, le soleil envoie de timides rayons roses éclairer ton visage. Moi qui t’admire sans cesse depuis huit jours, je te trouve toujours aussi belle. Tes longs cheveux blonds -dont ta pince laisse couler quelques mèches sur ton visage- encadrent ton profil, ton regard comme un roman. Tu es belle, tu me souris doucement… tous tes sourires pourtant ne peuvent faire un masque parfait. La tristesse -non, pas encore- son ombre s’est glissée entre nous. Une appréhension : le destin semble obéir aux mêmes règles qui font inévitablement faire démarrer tous ces trains et les emmener aux quatre coins de la France. Si loin…
Cette semaine, j’ai pu voir que la tristesse était venue habiter le berceau de tes paupières ; mais ce n’était pas la même. Celle qui s’est accrochée à tes cils est profonde et longue à éteindre. Elle provient de ce sentiment, ce moteur du monde que l’on appelle communément Amour et qui a pris pour toi le visage d’un Ange. Non, s’il te plaît ne me contredis pas. Je sais que tout a commencé par lui. Après, il y a eu ce mot, ‘Trahison’, que l’on t’a jeté à son propos comme une insulte. Le mal aussi. Surtout, maintenant, la peur. L’attente d’événements qui renverseraient tout, te rassureraient, te prouveraient que les autres ont tort. J’espère aussi qu’ils se trompent tous, que tes craintes sont ridicules et que tu m’appelleras un jour pour en rire.
Je me suis sentie si inutile, si faible… J’aurais voulu t’offrir le bonheur et l’insouciance, pouvoir faire en sorte que ta vie s’écoule comme les péniches sur la Lys, paisibles, sans se poser de questions, secouant la main aux jeunes filles qui rêvent depuis leur ponton, cachées dans les arbres. Je t’ai serrée dans mes bras, je t’ai embrassé les joues, caressé les cheveux : gestes si faibles face à l’implacable réalité. Au moins ai-je eu l’impression d’agir, d’essayer, même un peu. Me pardonneras-tu d’être si impuissante ?
J’ai quelque chose d’encore plus grave à me faire pardonner. Parce que depuis ce matin j’ai l’impression que c’est de moi que provient le mal. Je l’ai senti dès le réveil, cet instant où je t’ai embrassée sur le front. Tu y pensais déjà n’est-ce pas ? Les minutes défilaient, il aurait fallu les arrêter, mais comment ? Je voyais ta détresse dans chacun de tes gestes, de tes mots, de tes regards. Il me faut sourire dans ces moments-là, éviter le sujet, ‘comme si tout allait bien’. Je me serais sentie encore plus coupable en pleurant. Je n’aime pas montrer ma peine, encore moins à quelqu’un qui la partage et qui fait tant pour moi. Alors je t’ai regardée, et j’ai pensé que tu comprendrais que je n’étais pas assez forte pour porter nos deux larmes. Ce n’était pas de l’indifférence. J’ai si peur de t’avoir blesser…
11 heures. Nous avons pris ma valise, dit ‘au revoir’ comme si nous allions toutes deux revenir. Nous avons même encore trouvé le temps de parler d’argent… De nos amis aussi. Des chiens qui passaient : dalmatiens, bouledogues, bichons… Nous, c’est notre futur que nous tenions en laisse ; il s’était accroché à nous sans que nous nous en soyons aperçu ; et maintenant nous ne pouvions l’abandonner. Des militaires, la police, un Mac Do’, un vieux toit, des briques, de grands panneaux d’affichage, tous acteurs et témoins de notre drame.
12 heures 50. Trois coups. Le dernier acte sonne. Nous nous mettons en marche, ton sourire s’efface. Voie 8. Nous cherchons de quoi composter mon billet (fichu bout de papier, si petit et pourtant si puissant), la rame, la voiture, ma place. Je rentre, jette vite mes bagages et ressors. J’ai la nausée à l’intérieur : l’air pur c’est toi, dehors, que je rejoins vite, pour quelques dernières minutes. J’essaie de te dire combien j’ai été heureuse à tes côtés, combien je suis pleine de vie ici, maintenant, combien j’aimerais tout te donner. Huit jours parfaits : est-ce trop ? Je suis si bien. Cela fait bien deux ans que je ne me suis pas sentie aussi insouciante et sûre que le bonheur peut bel et bien exister. J’ai tellement peu envie que tout s’assombrisse. Ce train me nargue, me hante. Je le hais déjà. Il m’éloigne de toi. Il m’éloigne trop : je voudrais toujours te porter mais il faut que je te laisse voler seule dans la tempête. On m’a enlevée. Ils n’ont pas le droit de m’interdire. Je n’ai pas le droit de leur désobéir.
13 heures 04, 58 secondes, 59. 13 heures 05. Je dois rentrer. Je te serre dans mes bras. Je m’affole. Je n’ai pas de plan de secours. Où te cacher ? Comment t’emporter ? On m’empoigne, je me débats, je crie. Mais pour toi je souris et me tais.
On m’assoit. Je me relève : je te vois. Je te crie ma détresse en te regardant au fond des yeux. Ils me semblent humides et rouges. Je ne pense plus à rien. Qu’à te regarder. Tu es belle. Si belle. Si triste. Si seule.
C’est la première fois que j’abandonne quelqu’un ainsi. Tu tiens ton sac comme je retiens mes souvenirs : c’est presque du désespoir. J’ai des trésors de tes images dernières que j’enregistre en ultime secours. La voix est partie. Je souris de détresse.
Il n’y plus rien. Silence. Que toi.
13 heures 07 précises. Je me sens secouée. Tu bouges. Non, ce n’est que moi qu’on emporte : le train est parti.
J’ai envie de courir et de traverser les parois. Je me contente de sourire une dernière fois, un geste de la main. Tu es encore plus belle.
Tu t’éloignes. Ma main bouge comme pour te retenir encore. Deux fois tu disparais, puis reviens. La troisième est la bonne. Tu t’es effacée.
Alors je n’ai plus qu’à me retourner et à pleurer. Je ne vois même pas les gens qui m’entourent.
Je garde mes souvenirs et tes rimes. Il ne me reste plus grand-chose. Que l’espoir de te revoir très bientôt.
A 13 heures 08, tu me manques déjà.
Tc
~てんし~
27 mai 2006
Shiwaseni naru sonotokini
Un texte qui parle de ce que j'ai ressenti, ce que j'ai imaginé en écoutant la chanson de Glay (un groupe de Jrock/Jpop) dont elle porte le titre. Y'a rien à dire de plus, la chanson est magnifique, j'ai été lin de rendre ce qu'elle exprime vraiment.
Juin 2005 :
Le soir se couche. C'est un soir ordinaire, fin d'une journée ordinaire ou presque. J'avoue que, bien qu'étant un fait exceptionnel de ma part, je ne considère pas sortir avec une amie faire un peu de shopping et manger au fast-food puisse être considéré comme sortant vraiment de l'ordinaire. Tout est donc banalement habituel.
Depuis ma fenêtre grande ouverte à cause de la chaleur, j'aperçois quelques habitations, des monts boisés et bien verts malgré le temps sec. Le soleil a disparu depuis pas mal de temps derrière l'un de ces reliefs, les nuages se teintent alors de tons roses qui s'assombrissent peu à peu. La vue est classique de ces soirs d'été où la fraîcheur est tant attendue.
Je m'avance sur la terrasse, mais n'y fait qu'un seul pas. Les premières notes d'un morceau de musique viennent de s'élever avec douceur, et bloquent tout action. J'écoute le piano jouer avec la partition; ce n'est pas grand-chose, un ré, un mi, deux ou trois accords. Le premier thème se répète deux fois, me fait penser à ces berceuses qui habitent les boîtes à musique. Mais je sens que cette chanson-là a quelque chose de spécial, qui donne à ce soir un charme plus tendre que tous les autres. Elle nous invite à y prêter attention : elle semble vouloir nous raconter une histoire.
La guitare s'ajoute ensuite au piano, sans rien déranger à l'harmonie. C'est une acoustique il me semble, et le son qui en sort est aussi pur que ceux qu'elle accompagne. J'ai déjà entendu énormément de duos de ce genre, qui m'ont fait plus d'une fois frissonner ou pleurer, mais celui-là paraît plus parfait que tous. Il emporte celui qui l'écoute dans son récit, le fait vibrer comme un enfant qui découvre la beauté du monde pour la première fois.
Et puis soudain, voilà le conteur. Les instruments se taisent un infime instant, et je retiens ma respiration avec eux. La voix s'élève. Elle est douce, touchée au plus profond par ce qu'elle exprime. Tous ses mots d'une langue qui m'est totalement étrangère paraissent n'avoir été créés que pour fabriquer ensemble cette merveille. Peu importe d'ailleurs ce qu'ils signifient à cet instant, le plus important est dans ce que je ressens, ces sentiments qui m'ouvrent la porte de l'inaccessible.
La voix chante un murmure. Je ne sais qu'imaginer. Elle semble pencher sur une forme qui dort, à moins que cela ne soit l'émotion qui lui empêche de nous parler plus fort. Les mots paraissent arrachés; elle tremble, notre guide ! Et moi aussi je frissonne. Quelque chose en moi se trouble, s'émeut. Ce n'est pas visible encore, quiconque passant ne pourrait remarquer mon trouble. Mais je ne peux ni bouger, ni parler. Je veux juste écouter.
Je vois la neige tomber. Une douleur immense prend la forme de la voix suppliante. Je me l'imagine observant son amour dans la neige; mais les mots lui manquent pour lui dire ce qu'elle ressent, et elle s'affaiblit. Alors l'aimé ne la voit pas, il s'éloigne et je pleure pour mon conteur blessé, qui doit être en larmes lui aussi.
Je joins mes mains, comme une prière. La vie paraît alors si cruelle… Peut-être suis-je entendue. Le piano et la guitare recueillent le chanteur exténué, les accords s'accélèrent, la passion revient. Timidement d'abord -les notes sautent légèrement- mais peu à peu il semble que l'espoir revient. Je l'imagine retrouvant de la force, prendre un courage auquel il se remet à croire. La neige a fondu, un rayon de soleil éblouit l'être aimé qui aperçoit son soupirant… Un sourire.
Moi je me suis envolée. Mes mains serrées se noient de ces sanglots qui me secouent de plus belle. Je ne suis pas triste, mais il y a quelque chose de tellement beau dans ce retournement de situation, dans cet enchaînement d'accords parfaits, dans la spontanéité de la voix… Je pleure, je me laisse entraîner par la joie qui anime maintenant le morceau. Je vois des rires, des courses. Il y a un réel bonheur dans les mots de mon conteur, jamais ce sentiment n'avait trouvé de meilleure interprétation. Et c'est tellement inattendu -une flûte se joint même à nous- que ne je peux arrêter mes larmes.
Enfin, déjà, il semble que la chanson tire à sa fin. La voix baisse, plus satisfaite que jamais de ce qui lui arrive. Le printemps est là, toutes les fleurs de cerisiers s'envolent pour recouvrir le ciel de joie, les amants se sont retrouvés pour l'éternité.
La voix soupire. Le piano envoie encore quelques notes avec sa fidèle compagne. Le thème nous revient, ralentit, puis se meurt sans à coups. L'histoire est finie, l'enfant est toujours endormi, et notre conteur semble heureux de la grâce de ce sommeil. Il se retire sans un bruit.
Je me suis arrêtée de bouger. Les sanglots ne me secouent plus, mais je ne peux rien faire. Quelque chose a changé; comme si j'étais personnellement impliquée dans les quatre minutes qui viennent de s'écouler, que je n'ai pas réellement vécu. Il m'est arrivé de bloquer le temps l'espace d'une chanson.
Alors pour ne pas perdre cette atmosphère précieuse, je prends le crayon et j'essaie de vous raconter, beaucoup moins bien que les notes qui m'enveloppent sans cesse depuis une heure et demie.
J'espère ne jamais perdre ce souvenir. Si la vie pouvait être comme cette chanson, je pense que le monde serait parfait.
La nuit est tombée. Il va me falloir abandonner mon conteur et me laisser aller aux rêves.
'Bonne nuit mon ange, et n'oublie jamais… Je t'aime.'
TC
Tout effacer...
Un texte d'une période de déprime. C'est exactement ce que je pense dans mes grands coups de gueule contre le monde entier. Je devrais en fait m'en prendre à moi-même mais bon, ça fait du bien parfois de se défouler ^^.
Décembre 2005 :
Tout effacer. Ne plus rien entendre, ne plus rien voir, ne plus rien sentir. Même le temps peut s'oublier. Il n'y a plus que moi et ma peine. Cette feuille s'efface, le stylo n'a plus de chair. Il doit y avoir une pile qui m'attend, Horace cherchant à combattre encore et toujours, Noah qui voudrait qu'on l'écoute... Non, il n'en est pas question.
Marre d'écouter les autres. Marre de la vie qui ne rend pas les efforts que je fais pour elle. Est-ce que je n'aime pas encore assez ? Pourquoi personne ne le voit ? Pourquoi personne ne veut faire comme si ça avait de l'importance ? Pourquoi personne ne veut comprendre ? Tous en train de chercher des réponses, tous en train de pleurer contre le mal, et qui fait un effort ? Marre.
Il y a des moments comme ça où plus vous faites des efforts, plus le mal s'abat. Vous aimez, vous espérez, vous croyez. Pourquoi ?! Tout se jette contre vous, comme si vous aviez fait la plus grande infamie. Ce serait si facile si l'on était dans une tragédie, il suffirait de crier, de pleurer et de mourir... Mais non, il faut continuer. Voir encore détruire tout ce que l'on édifie, les gens marcher dessus en riant, sans se rendre compte qu'il pleut si fort...
Je n'ai plus envie de jouer. Arrêtez ! Je vis, je sens... Si vous ne pouvez changer, alors partez. Laissez-moi tranquille. Je ne veux plus vous voir. Plus jamais. Laissez-moi dans ma bulle, fermez-là et oubliez. Je veux rêver et croire que tout est possible, je veux transformer ces chimères dans ma réalité. Partez tous avec vos incompréhensions, faites que je vous oublie. Associable, c'est tellement facile...
Faites que je ne vous connaisse plus, que je vive de moi-même. Je ne veux plus vous aimer puisque vous me le rendez si peu; si je n'ai pas de courage, vous n'avez pas de regard. Pardonnez-moi, laissez-moi. Je ne veux plus que vous me manquiez, je ne veux plus pleurer pour vous. Plus de rire mais plus de larmes, juste moi.
Penser que plus rien n'existe. Fermer la porte. Tout effacer.
